Exposition "0+0=JOFO"
L'interview

"J'aime par dessus tout la liberté"




Architecte de formation, peintre, dessinateur, vidéaste, chanteur de rock, affichiste, graphiste, Jofo vit et travaille à Bordeaux. Il expose du 19 juin au 26 septembre au Musée de Borda, à Dax. Sa ville…

Votre état-civil retient que vous êtes né en 1961, que vous avez grandi à Dax, votre ville, et que vous commencez des études d’architecture en 1981 à Bordeaux. Et après cela ?
J'ai effectivement commencé des études d'architecte en 1981 et j'ai eu mon diplôme en 1991.
10 années de belle errance à Bordeaux entre l'école d'archi, des charrettes en  agence, le fun avec mes copains "les cons", mes débuts en dessin et peinture. En 1991, je passe mon diplôme avec un sujet très libre dont on me parle encore sur le thème de "la maison de Oui-Oui et son Toto d'architecte".

Oui-Oui, peut-être un cousin de Toto, le personnage emblématique de tout votre travail de peintre depuis vingt ans ?
J'ai commencé à peindre en 1988. Le personnage de Toto est devenu ma signature en 1990, il y a donc tout juste vingt ans. Toto est né, en fait, d'un dessin que j'avais fait à l'âge de cinq ans, retrouvé chez mes parents à Dax. Je me le suis réapproprié en l'épurant. Cela a donné une première toile : "Le Père Noël est un brigand". Toile que je vais montrer à Dax. Depuis, j'essaie d'inventer un graphisme et un personnage qui évolue par l'expression, le traitement, les fonds, les thématiques. Quand on regarde mes toiles, on a l'impression d'une certaine insouciance, une gaieté légère et colorée. En fait, c'est assez trompeur. Tout n'est pas si simple... J'aime le rapport du  trait, de l'aplat et de la couleur qui ont un lien avec l'enfance, en l'associant à des sujets plus graves comme  la guerre, les attentats du 11 septembre, les couples qui se déchirent... J'aime ce décalage, ce paradoxe... Toto est casqué, voire masqué, c'est pas pour rien !

Toto est aussi un personnage qui aime la joie de vivre…
Bien sûr. Il sait savourer les moments de bonheur, l'amour, l'enfance Il sait tout faire : toréer, jouer au rugby, dentiste, architecte, rocker, politique à la langue de bois, cueillir des fleurs, foncer sur son bolide...

Combien d’œuvres exposerez-vous au Musée de Borda ?
Une quarantaine de toiles et autant de dessins. Quinze peintures datent de 2010. Les autres sont celles que j'ai conservées depuis vingt ans, par coup de coeur, plus intimes ou marquant des séries épuisées.

 

Outre la peinture, vous pratiquez d’autres arts…
Oui. J'adore me perdre dans d'autres pratiques artistiques comme la musique ou la vidéo. Je suis autodidacte dans tout ce que j'entreprends, Je m'égare de la peinture grâce aux nouvelles technologies accessibles à tous, ordinateur, palettes graphiques, caméra, tables de montage. Ça m'enrichit, ça me libère, pour mieux retrouver le plaisir de peindre. Il y a d'abord le rock avec le groupe des Snoc qui a recommencé à jouer en 2005. A l'époque où nous étions étudiants à l'école d'architecture ce groupe s'appelait Les Cons. C'est devenu Les Snoc. Depuis 2005, nous avons sorti deux albums dont j'ai écrit les textes. Je chante parlé et ça m'éclate. Le rock est une vraie passion depuis toujours.  J'adore aussi créer des affiches pour des événements. En 1998, j'ai fait la communication des  matchs de la Coupe du Monde de football qui avaient lieu à Bordeaux et plus récemment l'affiche des 100 ans du salon aéronautique du Bourget. Je suis également vidéaste et à Dax, il sera possible de voir plusieurs films d'architecture ou des clips des Snoc "faits à la maison" comme on dit !

Quel est votre moteur ?
Le plaisir. J'ai la chance de faire ce que j'ai envie de faire. C'est cela mon moteur. Ce que j'aime par-dessus tout c'est la liberté, et j'essaie de conserver une certaine insouciance dans tout ce que j'entreprends...

 

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